Acropole d'Athènes : le rocher sacré de la déesse Athéna

Introduction

L'Acropole d'Athènes est la colline sacrée la plus célèbre du monde antique, un plateau calcaire culminant à 156 mètres au-dessus de la ville d'Athènes, couronné de temples qui représentent l'apogée de l'architecture et de la dévotion religieuse de la Grèce classique. En son cœur se dresse le Parthénon, un monument à la déesse Athéna et à l'ambition de l'Athènes du Ve siècle sous la direction de Périclès.

Dans la mythologie grecque, l'Acropole fut le théâtre d'un concours divin entre Athéna et Poséidon pour le patronage de la cité. Ce fut le lieu de naissance d'Érichthonios, l'un des premiers rois mythiques d'Athènes, et le cadre d'innombrables récits liant directement les dieux aux origines et à l'identité du peuple athénien. Pour les anciens Athéniens, le rocher sous leurs pieds n'était pas simplement de la géologie, c'était le sol que leur déesse patronne avait personnellement choisi et remporté.

Aujourd'hui, l'Acropole est un site du patrimoine mondial de l'UNESCO et l'un des sites archéologiques les plus visités au monde. Ses monuments, bien que maltraités par des siècles de guerres, de pillages et de pollution, demeurent parmi les structures les plus belles et les plus accomplies jamais construites.

Signification mythologique

L'Acropole se trouvait au cœur de l'identité religieuse et mythologique athénienne. Dans le mythe fondateur le plus célèbre de la cité, Athéna et Poséidon s'affrontèrent pour le droit d'en être la divinité patronne. Le concours eut lieu sur l'Acropole elle-même, sous le regard des dieux et le jugement des premiers rois de l'Attique.

Poséidon frappa le rocher de son trident, et une source d'eau salée jaillit, une démonstration de puissance brute et d'autorité maritime. Athéna, en réponse, planta un olivier, le premier jamais vu en Grèce. Les dieux jugèrent l'olivier plus bénéfique à l'humanité : il fournissait nourriture, huile pour l'éclairage et bois pour la construction. Athéna remporta la cité, et Athènes prit son nom.

L'olivier sacré qu'elle avait planté aurait poussé dans l'enceinte de l'Érechthéion pendant des siècles. Lorsque les Perses incendièrent l'Acropole en 480 av. J.-C., les sources antiques rapportent que l'arbre fut détruit mais repoussa de ses racines dès le lendemain, signe de la présence durable de la déesse et de la résilience de la cité.

L'Acropole était également associée à la naissance d'Érichthonios, un roi autochtone (né de la terre) qui émergea du sol de la colline après la tentative infructueuse d'Héphaïstos pour agresser Athéna. La déesse plaça le nourrisson dans un coffre et le confia aux filles de Cécrops, le premier roi d'Athènes au corps de serpent. Lorsque les jeunes filles désobéirent à son ordre et ouvrirent le coffre, elles furent rendues folles par ce qu'elles virent, dans certaines versions un serpent enroulé autour de l'enfant, dans d'autres le nourrisson lui-même mi-serpent, et se jetèrent du rocher dans le vide.

Description et géographie

L'Acropole est un affleurement calcaire à sommet plat mesurant environ 300 mètres de long et 150 mètres de large à son sommet. Elle s'élève abruptement de tous les côtés sauf l'approche ouest, ce qui en fait une forteresse naturelle autant qu'un site sacré. Le plateau se situe à une altitude d'environ 156 mètres au-dessus du niveau de la mer et offre des vues panoramiques sur Athènes et la plaine environnante de l'Attique.

Le versant ouest, la seule montée accessible dans l'Antiquité, était contrôlé par une porte monumentale appelée les Propylées, achevées en 432 av. J.-C. Flanquant l'approche se trouve le petit mais exquis Temple d'Athéna Niké, perché sur un bastion saillant et dédié à la Niké aptère d'Athènes, sans ailes pour qu'elle ne puisse jamais quitter la cité.

Au sommet, le Parthénon domine l'ensemble : un temple dorique de marbre pentélique commencé en 447 av. J.-C. et achevé en 432 av. J.-C., abritant une statue colossale chryséléphantine (or et ivoire) d'Athéna par le sculpteur Phidias. Le programme sculptural du temple, les groupes des frontons, les métopes et la frise ionique continue, représentait le projet artistique le plus ambitieux du monde grec antique.

L'Érechthéion, au nord du Parthénon, était une enceinte plus ancienne et plus sacrée abritant la statue de culte d'Athéna Polias, la source d'eau salée de Poséidon et le tombeau du légendaire roi Érechthée. Son célèbre Portique des Caryatides, où six figures féminines sculptées servent de colonnes, est l'une des images les plus reconnaissables de toute l'architecture antique.

Mythes clés situés ici

Le concours d'Athéna et Poséidon : Le mythe fondateur de l'Acropole. Le don de l'olivier par Athéna remporta le patronage de la cité face à la source d'eau salée de Poséidon. Le fronton ouest du Parthénon représentait ce concours en sculpture monumentale, confirmant le mythe fondateur au cœur même du temple dédié à la victoire d'Athéna.

La naissance et l'enfance d'Érichthonios : Le roi autochtone né du sol de l'Acropole, confié aux filles de Cécrops, puis élevé dans l'enceinte sacrée. Devenu roi, Érichthonios établit les Panathenées en l'honneur d'Athéna, créant le cycle rituel qui reliait l'Acropole à la vie de toute la cité.

Le procès d'Oreste : Dans l'Orestie d'Eschyle, Oreste, poursuivi par les Érinyes (Furies) pour avoir tué sa mère Clytemnestre, se réfugie à Athènes. Sur la colline de l'Aréopage, adjacente à l'Acropole, Athéna établit le premier tribunal pour homicide afin de juger son cas. Le vote à égalité est tranché par Athéna en faveur d'Oreste, transformant la vengeance divine en justice civique.

Thésée et le tribut à la Crète : Athènes était contrainte d'envoyer un tribut de quatorze jeunes gens en Crète tous les neuf ans pour nourrir le Minotaure. Thésée, le grand héros athénien, partit du port en contrebas de l'Acropole et revint victorieux après avoir tué le Minotaure. L'Acropole servait de cœur symbolique d'où Thésée partait et vers lequel le navire aux voiles noires revenait, avec des conséquences tragiques lorsque son père âgé Égée, voyant les voiles noires, se jeta d'une falaise de désespoir.

Le sac perse et la protection d'Athéna : Lorsque l'armée perse de Xerxès pilla Athènes en 480 av. J.-C., elle incendia l'Acropole. Pourtant, l'olivier sacré d'Athéna aurait repoussé de ses racines en une nuit, un signe divin que la déesse n'avait pas abandonné sa cité. La victoire athénienne à Salamine qui suivit fut largement interprétée comme une preuve de la protection continue d'Athéna.

Contexte historique

L'Acropole a été continuellement habitée et utilisée comme site sacré pendant plus de trois mille ans. Des vestiges mycéniens de l'âge du bronze tardif (vers 1600-1100 av. J.-C.) ont été trouvés sous les monuments classiques, confirmant que le rocher servait de palais royal et de citadelle bien avant la construction du premier temple en pierre.

Les premiers temples en pierre sur l'Acropole datent de la période archaïque (vers 700-480 av. J.-C.). Plusieurs furent détruits par les Perses en 480 av. J.-C., et les Athéniens classiques choisirent de laisser les ruines visibles pendant une génération comme rappel de l'agression perse. Ce n'est que sous Périclès, à partir de 447 av. J.-C., que le grand programme de construction de l'Acropole classique commença, produisant le Parthénon, les Propylées, l'Érechthéion et le Temple d'Athéna Niké en l'espace d'environ cinquante ans.

Le Parthénon a survécu largement intact pendant près d'un millénaire. Il fut converti en église chrétienne au VIe siècle apr. J.-C., puis en mosquée ottomane après 1458. En 1687, un bombardement vénitien lors d'un siège de la garnison ottomane enflamma une poudrerie stockée à l'intérieur du Parthénon, causant l'explosion qui détruisit sa section centrale et laissa le bâtiment dans son état de ruine actuel.

Les fameux marbres d'Elgin, une part substantielle du programme sculptural du Parthénon, furent retirés par le diplomate britannique Lord Elgin au début du XIXe siècle et se trouvent aujourd'hui au British Museum. Leur restitution fait l'objet d'un différend diplomatique permanent entre la Grèce et le Royaume-Uni.

Visiter aujourd'hui

L'Acropole et les monuments environnants sont ouverts aux visiteurs toute l'année. L'entrée principale se fait par le versant ouest, en montant par les anciens Propylées. Un billet combiné couvre l'Acropole elle-même ainsi que sept autres sites importants d'Athènes, dont l'Agora antique, le Temple de Zeus olympien et le théâtre de Dionysos sur le versant sud de l'Acropole.

Le Musée de l'Acropole, ouvert en 2009 au pied du versant sud, est l'un des plus beaux musées archéologiques du monde. Il abrite les sculptures originales de la frise du Parthénon, les figures des Caryatides de l'Érechthéion (avec un socle vide symbolisant la figure conservée à Londres) et une collection complète de trouvailles de l'Acropole et de ses pentes couvrant trois millénaires.

La visite en début de matinée ou en fin d'après-midi est fortement recommandée pour éviter la chaleur de midi et les plus grands groupes de touristes. Le site accueille des millions de visiteurs chaque année. Arriver à l'heure d'ouverture (généralement 8h00) offre la meilleure expérience. Des chaussures confortables avec de bonnes semelles sont indispensables, car les surfaces de marbre antique peuvent être extrêmement glissantes.

La vue depuis l'Acropole sur l'étendue de l'Athènes moderne, avec le golfe Saronique visible par temps clair, reste véritablement spectaculaire. L'expérience de se tenir sur le même rocher où les Athéniens vénéraient Athéna il y a plus de deux mille cinq cents ans est difficile à égaler où que ce soit dans le monde.

Dans l'art et la littérature

L'Acropole et le Parthénon ont inspiré artistes, architectes et écrivains depuis l'Antiquité. La Description de la Grèce de Pausanias (IIe siècle apr. J.-C.) fournit un précieux témoignage oculaire des monuments dans leur état quasi complet, décrivant la statue de culte d'Athéna, les peintures des Propylées et la source sacrée d'Érichthonios avec le soin d'un touriste dévoué.

Les formes architecturales du Parthénon, colonnes doriques, corrections optiques soignées qui donnent au bâtiment son sens du mouvement et de la vie, programme sculptural unissant le mythe athénien à l'ordre divin, sont devenues le modèle définitif de l'architecture classique occidentale. Du Temple de la Concorde à Rome au British Museum de Londres et au Lincoln Memorial à Washington, l'ombre du Parthénon s'étend sur trois continents.

Les écrivains et artistes de l'époque romantique firent le pèlerinage à l'Acropole et réagirent avec une intensité extraordinaire. Lord Byron visita en 1810-1811 et dénonça célèbrement le retrait des sculptures par Lord Elgin dans son poème Childe Harold's Pilgrimage. L'architecte français Charles-Louis Clérisseau, le peintre allemand Caspar David Friedrich et l'écrivain américain Henry Miller ont tous laissé des récits saisissants de l'effet de l'Acropole sur l'imagination.

Dans la culture populaire moderne, l'Acropole apparaît comme un symbole de l'accomplissement civilisationnel et des idéaux démocratiques. Elle a figuré dans d'innombrables films, romans et œuvres d'art, et son image, le Parthénon silhouetté contre un ciel grec, est devenue l'une des icônes les plus universellement reconnues du patrimoine occidental.

Questions fréquemment posées

Questions courantes sur l'Acropole d'Athènes, sa mythologie et comment visiter le site aujourd'hui.

Questions fréquemment posées

Pourquoi l'Acropole est-elle sacrée pour Athéna ?
Dans la mythologie grecque, Athéna remporta le patronage d'Athènes en battant Poséidon lors d'un concours divin sur l'Acropole. Elle offrit l'olivier, que les dieux jugèrent plus utile que la source d'eau salée de Poséidon. Dès ce moment, la colline devint son enceinte sacrée. Le Parthénon, construit au Ve siècle av. J.-C., était son grand temple, et sa statue de culte chryséléphantine s'y dressa pendant près d'un millénaire.
Qu'est-il arrivé au Parthénon ?
Le Parthénon fut achevé en 432 av. J.-C. et resta largement intact pendant des siècles. Il fut converti en église chrétienne dans l'Antiquité tardive, puis en mosquée ottomane après 1458. En 1687, un obus d'artillerie vénitien enflamma une poudrerie stockée à l'intérieur, causant une explosion qui détruisit la section centrale du bâtiment. Lord Elgin retira une grande partie de la sculpture survivante au début des années 1800. Ces pièces se trouvent aujourd'hui au British Museum et font l'objet de demandes de rapatriement par la Grèce.
Qu'est-ce que l'Érechthéion et pourquoi est-il important ?
L'Érechthéion est un temple ionique sur le côté nord de l'Acropole, achevé vers 406 av. J.-C. Il se dressait sur le terrain le plus sacré de toute l'enceinte, abritant l'ancienne statue de culte en bois d'olivier d'Athéna Polias, la source d'eau salée laissée par le trident de Poséidon et le tombeau du roi mythique Érechthée. Son Portique des Caryatides, six figures féminines drapées servant de colonnes, est l'un des éléments architecturaux les plus célèbres du monde antique.
Qui était Érichthonios et quel est son lien avec l'Acropole ?
Érichthonios était un légendaire roi d'Athènes réputé être né du sol de l'Acropole après que Héphaïstos eut tenté d'agresser Athéna. La déesse éleva secrètement le nourrisson dans un coffre confié aux filles du premier roi Cécrops. Érichthonios établit ensuite les Panathenées en l'honneur d'Athéna, créant la grande célébration religieuse athénienne qui rassemblait toute la cité tous les quatre ans.
Quel est le meilleur moment pour visiter l'Acropole ?
Le meilleur moment pour visiter est à l'ouverture (vers 8h00) pour éviter les foules et la chaleur de midi, ou dans les deux dernières heures avant la fermeture. Le printemps (avril-mai) et l'automne (septembre-octobre) offrent les températures les plus agréables. Les visites estivales sont possibles mais très chaudes. Apportez de l'eau et de la protection solaire. Le Musée de l'Acropole au pied de la colline mérite une visite séparée et offre un refuge climatisé pendant les heures les plus chaudes.

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